Auteurs

A. DUBLANCHET, O. PATEY

Résumé

Le développement des résistances bactériennes et la rareté des nouveaux antibiotiques mettent de plus en plus fréquemment la médecine moderne devant des situations d’échecs thérapeutiques. La recherche de solutions dites « alternatives » est sollicitée par les médecins et encouragée par les pouvoirs publics. Une des solutions envisagées est la phagothérapie, dont le principe actif est constitué de virus susceptibles de détruire les cellules bactériennes : les bactériophages. Avec l’aide de la biologie moléculaire et sous certaines conditions, il apparaît que la phagothérapie pourrait apporter aujourd’hui une réponse non seulement « alternative » mais « complémentaire ». Des techniques dites « omiques » sont capables d’analyser très rapidement des populations entières, et d’élucider comment ces populations communiquent entre elles. Plusieurs découvertes issues de ces approches sont autant d’éléments qui plaident en faveur d’une phagothérapie moderne, mieux comprise et maîtrisée. De nombreuses pathologies infectieuses pourraient bénéficier de cette nouvelle voie thérapeutique, mais cela nécessite que la réglementation soit adaptée et que l’industrie pharmaceutique soit en capacité de produire de tels « biomédicaments ».

Mots-clés

bactériophage, phagothérapie, antibiothérapie, infection bactérienne, infection nosocomiale, résistance aux antibiotiques, biofilm.

Feuillets de Biologie n°321 - Novembre 2014